Environnement
À suivre et partager La Grande Muraille Verte au Sahel 15 janvier 2021

La dernière édition du One Planet Summit, qui s’est tenue à Paris le 11 janvier dernier, a permis de remettre sur le devant de la scène le projet pharaonique de Grande Muraille Verte (GMV) pour le Sahel. Les participants se sont engagés à mobiliser d’importants investissements financiers (11,8 milliards d’euros entre 2021 et 2025).

 

Qu’est-ce que la Grande Muraille Verte ?

 

La Grande Muraille Verte est une large bande de près de 8000 km de long sur 15 km de large reliant Dakar à Djibouti en traversant 11 pays*. Adopté en 2007 par l’Union africaine, le projet de GMV consistait à l’origine en la création d’un « mur végétal » destiné à retenir le désert du Sahara. Si l’idée initiale de planter des arbres contre la désertification demeure, le projet a laissé place au fil des années à une mosaïque de pratiques durables d’utilisation des terres visant plusieurs objectifs : gestion et restauration durables des zones arides, régénération de la végétation naturelle et mesures favorisant la rétention et la conservation des eaux. Alors qu’elle était tombée en désuétude, la technique ancestrale du zaï**, ou culture en poquets dans des micro-bassins, a par exemple été soutenue avec succès au Burkina Faso.

 

Les projets de restauration et de gestion durable des terres dégradés de la GMV sont à la fois agricoles, pastoraux et forestiers. Le rôle de l’agroforesterie y est essentiel car elle permet de diversifier les revenus des populations tout en aidant à la fertilisation des terres. Au Tchad, l’agroforesterie passe par la plantation d’acacias dans les champs grâce auxquels les populations tirent des revenus complémentaires avec la gomme arabique.

 

Les arbres plantés permettent par ailleurs de fixer les dunes et de stopper (retarder ?) leur progression tout en aidant à la régénération des sols (humus et systèmes racinaires). Les arbres permettent également d’augmenter l’humidité et la pluviométrie grâce à l’évapotranspiration dans des régions particulièrement touchées par la sécheresse.

 

Bilan du projet de Grande Muraille Verte

 

Le rapport d’évaluation (septembre 2020), commandé par la Convention sur la lutte contre la désertification des Nations unies, recensait 4 millions d’hectares restaurés entre 2011 et 2017. Loin de l’objectif de 100 millions d’hectares de terres à restaurer d’ici 2030 et du rythme à tenir de 8,2 millions d’hectares à aménager par an…

 

Les décisions prises en début de semaine lors du One Planet Summit sont déterminantes pour la poursuite de la restauration des sols de cette vaste zone du continent africain. 

 

 

*L’Agence panafricaine de la Grande Muraille Verte regroupe 11 pays : le Burkina Faso, Djibouti, l’Érythrée, l’Éthiopie, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Nigeria, le Sénégal, le Soudan et le Tchad.

**Cette technique culturale, particulièrement adaptée aux surfaces pédologiques encroûtées et fortement dégradées, consiste à quadriller les champs de trous pour que les eaux pluviales ne ruissellent plus.

 

 

Visuel 1 : Vue aérienne de la Grande Muraille Verte au Sénégal © D.R.

Visuel 2 : Plantations de graines d’arbres lors d’un projet de reboisement au Niger © Luis Tato / FAO

Visuel 3 : Technique culturale du zaï © D.R.

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