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Portrait de salarié Aurélie Hardy, responsable du Laboratoire Exact de Murlin, racontée par Stéphane Ebel 20 décembre 2019

L’alliance de la chimie et du vin.

 

Ne lui dites surtout pas que le vin est bouchonné ! « C’est l’une des premières choses que j’ai apprise en arrivant au labo en avril 2017. Si le vin a un bouchon, il est bouchonné ». Aurélie, à peine 30 ans, est à la tête du laboratoire d’analyse Exact, spécialiste de la filière agro-alimentaire qui appartient au groupe Charlois, implanté sur le site de Murlin.

 

Une candidature spontanée, un entretien dans la foulée, un recrutement immédiat et une prise de fonction deux jours plus tard. « Nous sommes arrivés dans la Nièvre presque par hasard avec mon mari en 2017. Il travaille à Château-Chinon, nous avons acheté une maison à Saint-Sulpice, et j’ai trouvé ce travail dans le groupe Charlois, le tout en deux mois à peine ». Un alignement des planètes comme il en existe rarement.

 

Vivre à la campagne.

 

Originaire de l’Isère, où vivent encore ses parents, Aurélie a posé ses valises, et ses chevaux, à deux pas de la forêt des Bertranges à Saint-Sulpice. « J’adore la nature. Pour mon mari et moi, c’était une évidence de vivre à la campagne ». Ingénieure chimiste spécialisée dans les produits de revêtements, la jeune maman a endossé le costume de responsable quelques mois seulement après sa prise de fonction comme technicienne de Labo. Un sacré challenge. « J’aime les défis, le travail, chercher, comprendre, se retrousser les manches. Travailler dans l’urgence, c’est un bon stress, de l’adrénaline pure ». Elle qui, dans une vie antérieure, se rêvait médecin légiste. « Chercher les causes du décès quand elles sont inexpliquées ou incompréhensibles, c’est ce qui m’intéressait dans ce métier ». Après deux années de médecine, puis un BTS Esthétisme « ce n’était pas trop mon truc », c’est finalement vers une école d’ingénieur en chimie, à Lyon, qu’Aurélie se dirige et trouve sa voie. Trois années d’étude plus tard, elle est diplômée.

 

Traquer la molécule.

 

Murlin, dans le laboratoire Exact, on traque la molécule, on analyse, on cherche et on trouve. « La mission première du labo, celle pour quoi il a été créé, c’est de contrôler les bouchons en liège utilisés pour boucher les vins et de déceler, le cas échéant, la molécule 2,4,6-Trichloroanisole qui donne le goût de moisi au bouchon ». Et dans ce domaine, l’analyse peut se muer en expertise : « Un vin qui a le goût de bouchon ? Est-ce de la responsabilité du vigneron ou du bouchonnier ? On recherche la cause du mal, c’est un peu comme en médecine légale précise-t-elle ». Autre domaine pour lequel le laboratoire Exact intervient, c’est sur le contrôle et l’analyse du bois utilisé pour la fabrication des fûts, et sur l’aspect sensoriel du vin. « Nous traquons le détail, l’infiniment petit. Le bois est une matière vivante. Il est au contact du vin, lui donne ses arômes mais peut également en altérer le goût ». Exact, c’est aussi la recherche de résidus phytosanitaires (sur les raisins, les mous, dans les vins), le diagnostic incendie (déceler des résidus de fumée sur les vignes, dans les vins ou les espaces de stockage…), l’identification de composés inconnus issus du processus de vinification… Les champs d’intervention sont vastes.  Comprendre ce qu’il se passe, rechercher, analyser… voilà ce qui, entre autres, motive Aurélie. « C’est vraiment hyper-intéressant comme job. Chaque matin, c’est un plaisir de venir travailler et de faire le métier qu’on aime qui plus est dans un groupe qui vous donne les moyens de bien travailler et la possibilité de développer de nouvelles techniques d’analyse, de recherche ».

 

 

Trois questions à Aurélie Hardy ?

 

Lorsque l’on vous demande ce que vous faites comme métier, quelle est votre réponse ? 

C’est parfois un peu compliqué à expliquer. Même mon mari a mis du temps à comprendre (rires). Je dis que je travaille dans un labo qui analyse les vins et tout ce qu’il y a autour de cet univers que j’ai appris à découvrir. Vignerons, œnologues, tonne­liers, merrandiers, bouchonniers, producteurs de bois pour l’œnologie… C’est passionnant et je peux en parler des heures, c’est passionnant.

 

C’est un univers que vous connaissiez ?

Pas du tout. Je l’ai découvert avec Michel Dumoulin, qui était responsable du laboratoire Exact et dont j’ai pris la succession. J’ai aussi suivi des formations en œnologie, c’est indispensable. C’est un milieu que je continue de découvrir, qui m’intéresse et que j’apprécie. Lorsqu’on va au restaurant, c’est moi qui choisis les vins maintenant.

 

Vous êtes responsable du laboratoire Exact, c’est une grosse responsabilité ?

Oui, mais je ne suis pas seule. Je travaille avec deux techniciennes de labo qui sont expérimentées et il y a le groupe derrière moi. Je suis curieuse de nature, j’aime fouiller, chercher, trouver et je suis perfectionniste. Je suis vigilante tant sur l’aspect analyse, qui est le cœur de notre métier, que sur l’aspect règlementaire auquel nous devons nous soumettre et nous adapter. C’est le cas par exemple avec les produits phytosanitaires, ou plus récemment les perturbateurs endocriniens. On n’a pas le temps de s’ennuyer, ça me va très bien !